22 Apr 2026
Tired Earth
Par la rédaction
Chaque année, le 22 avril, la Journée de la Terre nous rappelle le pouvoir que nous avons de protéger notre planète. En 2026, ce message apparaît plus pertinent que jamais.
Le thème officiel de l’édition 2026, « Notre pouvoir, notre planète », met en avant une idée simple mais forte : le changement environnemental ne dépend pas uniquement des gouvernements, il repose aussi sur les actions quotidiennes des citoyens du monde entier.
Plutôt que de se concentrer sur une seule problématique, la campagne de cette année insiste sur l’action collective, en encourageant les communautés, les écoles, les entreprises et les individus à adopter des mesures concrètes pour protéger leur environnement au quotidien.
Cependant, cette année, la portée de cette journée est étroitement liée à une réalité amère et profondément contradictoire en Iran. Alors que le monde appelle à l’unité et à la solidarité pour protéger la planète, l’invasion militaire massive et brutale menée par les États-Unis et le régime sioniste contre ce pays a non seulement mis en danger la vie de milliers de personnes, mais a également infligé des dommages graves et toxiques à l’environnement de toute la région.
Cette agression est en totale contradiction avec les objectifs de la Journée de la Terre. Elle démontre clairement à quel point la guerre est incompatible avec toute forme de coexistence pacifique avec la nature et l’environnement.
Comme l’a souligné Shina Ansari, cheffe de l’Organisation de la protection de l’environnement, cet acte inhumain constitue une menace grave pour la vie des civils innocents qui, en plus de traumatismes psychologiques et émotionnels sévères, doivent faire face aux conséquences environnementales dangereuses de cette guerre imposée.
Elle a également rappelé que ces deux puissances ont une longue histoire d’utilisation de méthodes destructrices pour l’environnement. L’usage de l’agent orange par les États-Unis pendant la guerre du Vietnam, qui a ravagé les forêts tropicales du pays, reste l’une des catastrophes environnementales les plus marquantes de l’histoire moderne.
Une première analyse menée par l’Université Queen Mary de Londres, en collaboration avec le Climate and Community Institute London et l’Université de Lancaster, estime qu’au cours des 14 premiers jours du conflit, entre 5 et 5,6 millions de tonnes d’équivalent CO₂ ont été rejetées dans l’atmosphère — soit l’équivalent des émissions annuelles de l’Islande ou de celles de 1,1 million de voitures à essence.
Cette agression constitue une violation des Protocoles de Genève ainsi que de la Convention ENMOD (Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou hostiles).
Adoptée en 1976, la convention ENMOD interdit toute utilisation de techniques de modification de l’environnement susceptible de provoquer des effets « étendus, durables ou graves » sur les écosystèmes, et souligne la responsabilité des États en la matière.
De son côté, le Protocole I additionnel aux Conventions de Genève, notamment à travers ses articles 35 et 55, impose aux États l’obligation de protéger l’environnement en période de conflit armé. L’article 55 interdit explicitement toute action causant des dommages « étendus, durables et graves » à l’environnement naturel.
Les conséquences à long terme de ces violations incluent la pollution de l’air, les pluies acides, des risques sanitaires majeurs ainsi que des crises régionales affectant l’approvisionnement en eau et en électricité.
Sans aucun doute, cette offensive militaire constitue non seulement un crime de guerre, mais aussi un crime manifeste contre l’environnement. Face à cette situation, les organisations internationales sont appelées à examiner ses dimensions juridiques et morales et à poursuivre les responsables. Les effets environnementaux de ce conflit, ainsi que les efforts de restauration, s’inscriront dans le long terme — parfois sur des décennies, voire de manière irréversible.
Depuis sa naissance en 1970 comme mouvement citoyen, la Journée de la Terre est devenue une mobilisation mondiale rassemblant plus d’un milliard de personnes. Elle rappelle que des actions individuelles, même modestes, peuvent avoir un impact considérable.
Aujourd’hui, la planète envoie un signal d’alarme clair : la nature est en souffrance. Les océans se remplissent de plastique et deviennent plus acides. Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies et les inondations affectent des millions de personnes.
Le changement climatique, les transformations humaines des écosystèmes et les atteintes à la biodiversité — telles que la déforestation, les changements d’usage des sols, l’intensification agricole ou encore le commerce illégal d’espèces sauvages — accélèrent la dégradation de la planète.
C’est pourquoi la restauration des écosystèmes est essentielle. Ils soutiennent toute forme de vie sur Terre. Plus les écosystèmes sont sains, plus la planète — et ses habitants — le sont également. Leur restauration peut contribuer à réduire la pauvreté, lutter contre le changement climatique et prévenir les extinctions massives. Mais cela ne sera possible que si chacun s’engage.
À l’occasion de cette Journée internationale de la Terre, rappelons-nous, plus que jamais, la nécessité de construire une économie durable, au service à la fois des populations et de la planète. Favorisons une véritable harmonie avec la nature.
Rejoignons le mouvement mondial pour restaurer notre planète.
Par Mehdi Garshasbi. Traduction : tiredearth team
Source : tehrantimes.com
Comment
Reply