Guerre

18 Apr 2026

Israël qualifie Greta Thunberg de "deuxième antisémite le plus dangereux au monde" : Un signal inquiétant pour la liberté d'expression

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Tired Earth

Par la rédaction

Dans un rapport récemment publié, le gouvernement israélien a classé Greta Thunberg comme la "deuxième antisémitisme le plus dangereux au monde", devançant même des figures controversées comme le nationaliste blanc Nick Fuentes. Cette désignation, qui semble démesurée et problématique, s'appuie sur des critiques formulées par l'activiste suédoise concernant la situation en Gaza, notamment l'utilisation des termes tels que "génocide", "siège" et "famine de masse" pour décrire les actions israéliennes.

Bien que ces termes soient utilisés par de nombreux médias internationaux et figures politiques – y compris des sondages qui montrent que jusqu'à la moitié des Américains considèrent les actions israéliennes comme un génocide – le gouvernement israélien semble chercher à criminaliser toute forme de critique concernant son traitement des Palestiniens, en particulier lorsqu'il s'agit de figures influentes comme Greta Thunberg. Ce type d’accusation n'est pas un cas isolé et reflète une tendance plus large à étendre la définition de l’antisémitisme, comme l'illustre également la récente controverse en France autour du projet de loi Yadan.

Le projet de loi Yadan, qui vise à élargir la définition et les exemples d'antisémitisme dans le pays, a suscité un débat intense. Il inclut des mesures qui pourraient criminaliser des actes comme critiquer Israël, faire des comparaisons entre Israël et l'apartheid, ou même utiliser des symboles comme la carte de la Palestine au lieu d’Israël. Le projet prévoit aussi de punir ceux qui se moquent du drapeau israélien, considérant cela comme une manifestation d’antisémitisme. Ce texte inquiète de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui y voient une menace pour la liberté d'expression et le droit à la critique, notamment vis-à-vis des actions gouvernementales.

Revenons à Thunberg. L'activiste suédoise, connue pour sa lutte contre le changement climatique, a été poussée dans cette polémique par ses prises de position sur le génocide palestinien. Selon Israël, son influence et ses propos sur Gaza la placent dans une catégorie similaire à des extrémistes notoires. Pourtant, ces accusations soulignent un problème plus vaste : l'utilisation des accusations d'antisémitisme pour réduire au silence ceux qui critiquent des politiques d'État, qu’il s’agisse d'Israël ou de tout autre gouvernement.

Les critiques de Greta Thunberg se fondent sur des valeurs universelles de solidarité et de justice, mais leur présentation par le gouvernement israélien comme une forme de haine raciale ou religieuse ouvre la voie à une utilisation abusive du terme « antisémitisme ». De même, la France, avec son projet de loi Yadan, semble sur la même trajectoire, où la frontière entre critique légitime d’un État et accusation d’antisémitisme devient de plus en plus floue.

Cette évolution est dangereuse, non seulement pour ceux qui, comme Thunberg, osent parler de ce qu'ils considèrent comme une injustice, mais aussi pour la liberté d’expression en général. La définition de l’antisémitisme ne devrait pas être élargie au point de condamner des opinions politiques ou des critiques constructives envers des gouvernements, mais plutôt se concentrer sur la véritable haine, la violence et la discrimination, telles qu’elles sont définies par le droit international.

Cette polémique met en lumière un défi mondial : comment trouver l’équilibre entre la légitime défense contre l'antisémitisme et la préservation des libertés fondamentales, en particulier celle de critiquer des politiques gouvernementales, sans tomber dans l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour réprimer la parole publique


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