L'effondrement des populations d'insectes pollinisateurs, très vulnérables aux pesticides au vu de certaines études réalisées sur les abeilles, constitue une véritable menace tant pour la biodiversité que pour les productions agricoles elles- même.
Zoom sur les pesticides agricoles

Pesticides : étymologie

Le terme de pesticides est dérivé du mot anglais « pest » ravageurs. Il désigne les substances actives, les préparations, visant à la prévention, le contrôle ou l’élimination d’organisme indésirables qu’il s’agisse de plantes, d’animaux, de champignons, de bactéries. Il existe plus de 1000 pesticides dont les modes d’action et les effets sont très différents. 

Zoom sur Les pesticides agricoles

Meilleurs rendements, besoin alimentaire d'une population sans cesse croissante, intérêts économique et financiers de toute une filière : les phytosanitaires apparaissaient comme indispensables. Cependant, la protection des cultures, aujourd'hui encore principalement agrochimique, face aux dangers avérés qu'elle représente, elle doit connaître une véritable évolution, sous peine d'aggraver un bilan économique et écologique préoccupant.

Un véritable danger pour la santé et la biodiversité…et la production agricole

À ce jour, les atteintes de la fonction de reproduction, les troubles neurologiques et les pathologies cancéreuses sont les effets sanitaires les plus fréquemment évoqués en relation avec des expositions chroniques aux pesticides. 

Les pesticides sont un facteur majeur d’incidence sur la diversité biologique, de même que la perte d’habitat et le changement climatique. Ils peuvent avoir des effets toxiques sur le court terme sur les organismes qui y sont directement exposés, ou des effets sur le long terme, en provoquant des changements dans l’habitat et la chaîne alimentaire. 

A cet égard, l'effondrement des populations d'insectes pollinisateurs, très vulnérables aux pesticides au vu de certaines études réalisées sur les abeilles, constitue une véritable menace tant pour la biodiversité que pour les productions agricoles elles- même.

Une réglementation protectrice qui n’est pas à la hauteur des enjeux et des résultats 

La réglementation notamment européenne évolue régulièrement depuis ces dernières années pour une protection plus rigoureuse face à l’utilisation des pesticides.

La mise sur le marché d’un pesticide est encadrée par l’Union Européenne depuis les années 90. Elle est conditionnée à la satisfaction de critères de toxicité sanitaire et environnementale.

Pour pouvoir être commercialisés et utilisés en France, les produits phytopharmaceutiques doivent bénéficier d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). Elle précise les conditions d’utilisation réglementaire du produit, à savoir : la (ou les) cultures concernées, les usages autorisés, le délai avant récolte, la dose d’emploi, le nombre maximal d’applications… Un produit autorisé dans un pays peut cependant donc ne pas l’être dans un autre.

Au global, tous produits phytosanitaires confondus, la moyenne triennale 2018-2020 des quantités achetées est en hausse de 8% par rapport à 2009-2011, bien loin des objectifs du premier plan Ecophyto. La vente des pesticides en France en hausse de 23 % en 2020
44 036 tonnes de produits phytosanitaires ont été vendus en 2020, selon le Gouvernement. L'année marque surtout une hausse significative des ventes de glyphosate, précédemment en baisse même si l'utilisation des substances les plus dangereuses serait en baisse ces derniers années.

Des alternatives existent mais qui doivent être encore plus développées

L’agriculture biologique qui fonctionne sans herbicide et avec quelques fongicides et insecticides d’origines naturelles, le choix judicieux d’espèces et variétés tolérantes ou résistantes aux bio-agresseurs, l'association de culture, les rotations, une meilleure connaissance des principaux ravageurs et de leurs cycles représentent des solutions alternatives aux pesticides. 

Les filières agricoles bio ne cessent de se développer en France : en 2020, 2,55 millions d’hectares étaient cultivés en bio soit 9,5 % de la surface agricole utilisée. 

Ce chiffre est néanmoins insuffisant et la volonté de faire du bio se heurte parfois au lobbies agro-industriels tout comme l'utilisation des pesticides en général. C'est pourquoi il convient de continuer la lutte en informant le grand public des dangers et en recherchant des modes d'action efficaces pour lutter contre les lobbies...

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