Art et Culture

30 Sep 2026

Dans un monde en proie aux guerres et à la crise climatique, un nouveau dirigeant pourrait sauver l'ONU. Mais Trump le permettrait-il ?

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Tired Earth

Par la rédaction

L’avenir des Nations unies face aux guerres, à la crise climatique et au recul du multilatéralisme

Une analyse de Steve Bloomfield publiée dans The Guardian

Dans un monde marqué par la multiplication des conflits, l'aggravation de la crise climatique, les tensions géopolitiques et la remise en question croissante du droit international, une question devient particulièrement importante : quel rôle les Nations unies peuvent-elles encore jouer dans l'organisation des relations internationales et la recherche de solutions communes aux grandes crises mondiales ?

C'est précisément l'une des questions au cœur de la tribune publiée par The Guardian, intitulée « In a world of wars and climate crisis, a new leader could save the UN. But would Trump allow it? ».

Mais derrière cette succession se profile un enjeu beaucoup plus large : l'avenir même du multilatéralisme et des institutions internationales dans un monde où les principes qui avaient contribué à structurer les relations entre les États depuis la Seconde Guerre mondiale sont de plus en plus contestés.

Une succession qui intervient à un moment décisif

Le prochain secrétaire général devra prendre ses fonctions dans un environnement international particulièrement difficile. 

Les Nations unies sont confrontées simultanément à plusieurs crises majeures : guerres et conflits prolongés, catastrophes humanitaires, changement climatique, difficultés financières de l'Organisation, tensions entre grandes puissances et nouvelles menaces liées au développement rapide de l'intelligence artificielle.

Ces difficultés ne sont d'ailleurs pas indépendantes les unes des autres. Les conflits peuvent provoquer des déplacements massifs de populations et aggraver les crises humanitaires ; le changement climatique peut accentuer certaines vulnérabilités économiques et sociales ; les nouvelles technologies peuvent créer des risques qui dépassent largement les frontières nationales.

Dans un tel contexte, la question de la direction de l'ONU prend une importance particulière. Le prochain secrétaire général devra non seulement administrer une organisation confrontée à de fortes contraintes, mais également tenter de préserver sa capacité à favoriser le dialogue et la coopération entre des États dont les intérêts sont souvent profondément divergents.

Le multilatéralisme sous pression

L'un des thèmes centraux de cette réflexion concerne la fragilisation du système multilatéral.

Depuis sa création, l'ONU repose sur une idée relativement simple : certains problèmes sont trop importants ou trop internationaux pour être résolus efficacement par les États agissant séparément. La coopération, la négociation et l'existence de règles communes doivent donc permettre de limiter les conflits et de favoriser des réponses collectives.

Or ces principes sont aujourd'hui soumis à des tensions considérables.

Les rivalités entre grandes puissances, les guerres en cours et le retour d'une logique plus fortement centrée sur les intérêts nationaux rendent les compromis internationaux plus difficiles à obtenir. Dans le même temps, plusieurs crises mondiales — du climat aux déplacements de populations en passant par les risques technologiques — rendent justement la coopération entre les pays plus nécessaire.

C'est l'un des paradoxes mis en évidence par the Guardian : plus les problèmes deviennent mondiaux, plus la coopération internationale devient indispensable ; mais plus cette coopération semble difficile à maintenir.

Une organisation fragilisée, mais toujours essentielle

L'analyse ne présente pas les Nations unies comme une institution parfaite ou toute-puissante. L'Organisation connaît de profondes difficultés, notamment sur le plan financier, et son fonctionnement fait régulièrement l'objet de critiques.

Pourtant, son affaiblissement ne signifie pas qu'elle soit devenue inutile.

Dans plusieurs domaines essentiels, elle continue de fournir des mécanismes de coopération qui seraient difficiles à remplacer. Ses agences et ses différentes structures participent notamment à la coordination de l'aide humanitaire, aux opérations de maintien de la paix et aux négociations internationales concernant le climat.

Cette réalité est particulièrement importante lorsqu'une crise touche plusieurs pays ou lorsque les organisations humanitaires doivent négocier l'accès à des populations vivant dans des zones de conflit.

Le débat sur l'avenir de l'ONU ne devrait donc pas seulement porter sur ses imperfections. Il doit également prendre en compte ce que la disparition ou l'affaiblissement de certains mécanismes internationaux signifierait concrètement pour la capacité des États à agir collectivement.

Le poids des grandes puissances

La prochaine nomination du secrétaire général est également déterminée par une réalité institutionnelle essentielle : les cinq membres permanents du Conseil de sécurité — les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni — disposent d'un droit de veto.

Le choix du prochain dirigeant de l'Organisation ne peut donc être dissocié des rapports de force entre ces grandes puissances.

Le rôle des États-Unis occupe naturellement une place importante dans cette analyse, notamment en raison de la politique menée par l'administration américaine à l'égard de plusieurs institutions internationales.

La question dépasse toutefois la relation entre un président américain et les Nations unies. Elle concerne plus largement la capacité des grandes puissances à accepter des institutions internationales qui peuvent parfois limiter leur liberté d'action ou les obliger à négocier avec des pays dont elles ne partagent ni les intérêts ni les positions.

Une décision qui dépasse largement le choix d'une personne

La succession d'António Guterres pourrait ainsi être considérée comme davantage qu'un changement à la tête d'une organisation internationale.

Le prochain secrétaire général devra évoluer dans un environnement où les anciens équilibres sont remis en question et où le retour à certaines périodes de forte influence des Nations unies ne paraît pas évident.

Il devra également faire face à une contrainte particulièrement importante : les problèmes auxquels l'Organisation doit répondre continuent de s'accumuler alors que ses ressources et la volonté politique nécessaire à son action peuvent être limitées.

La question est donc aussi celle de la capacité à réinventer le multilatéralisme.

Comment maintenir une coopération internationale efficace lorsque les États défendent de plus en plus fortement leurs intérêts nationaux ? Comment faire respecter des principes communs lorsque les grandes puissances elles-mêmes sont en désaccord ? Comment permettre à une institution internationale de rester pertinente alors que le monde économique, technologique et géopolitique évolue rapidement ?

La paix et l'avenir de la communauté internationale

Au-delà de la prochaine désignation du secrétaire général, cette tribune invite donc à réfléchir à une question beaucoup plus vaste : quel système international voulons-nous pour les prochaines décennies ?

Un monde confronté simultanément aux guerres, au changement climatique, aux crises humanitaires, aux bouleversements technologiques et aux rivalités géopolitiques ne peut facilement se permettre de renoncer aux mécanismes de dialogue international.

La paix ne dépend évidemment pas d'une seule organisation. Elle repose sur les décisions des États, sur le respect du droit international, sur la diplomatie, sur la capacité à négocier et sur la volonté politique de rechercher des solutions qui ne passent pas nécessairement par la confrontation.

Mais l'existence d'institutions internationales offre un cadre dans lequel ces efforts peuvent être poursuivis.

C'est pourquoi le débat sur l'avenir des Nations unies mérite d'être suivi avec attention. Il ne concerne pas uniquement les diplomates ou les gouvernements. Il touche à une question fondamentale pour l'ensemble de la communauté internationale : comment préserver la possibilité d'une coopération entre les nations dans une période où les crises mondiales rendent cette coopération plus nécessaire que jamais ?

La prochaine direction de l'ONU aura certainement un rôle important à jouer dans cette réflexion. Mais son avenir dépendra également de la volonté des États membres de lui donner les moyens d'agir et de faire vivre les principes de coopération internationale sur lesquels l'Organisation a été fondée.

Steve Bloomfield, The Guardian, 20 septembre 2026.


 

Lire l'article original

Pour découvrir l'analyse complète et le texte dans sa version originale, nous vous invitons à consulter directement la publication de The Guardian :

In a world of wars and climate crisis, a new leader could save the UN. But would Trump allow it? — The Guardian

Cette présentation constitue un commentaire et un résumé éditorial de l'article original. Le texte intégral demeure publié par son éditeur, The Guardian.


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