Alors qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas semble enfin se profiler, les Nations unies annoncent vouloir intensifier l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Gaza. Mais l’organisation prévient : sans accès sûr, continu et sans entraves, la distribution des secours restera chaotique et insuffisante.
Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence, a déclaré jeudi que les Nations unies prévoyaient d’augmenter considérablement le volume de l’aide dans les soixante premiers jours de la trêve, avec « des centaines de camions entrant chaque jour dans l’enclave palestinienne ».
Le plan inclut également la restauration du système de santé dévasté de Gaza et la distribution d’aides financières à environ 200 000 familles pour couvrir leurs besoins alimentaires de base. « Nous voulons étendre le réseau d’approvisionnement afin d’atteindre 2,1 millions de personnes dans le besoin et répondre à la faim aiguë qui frappe plus d’un demi-million de Palestiniens », a expliqué Fletcher.
Mais il a ajouté sans détour : « Dans les conditions actuelles, nous ne sommes pas capables de distribuer l’aide de manière fiable ou sécurisée. »
Une famine aggravée par les restrictions israéliennes
Selon l’ONU, la famine qui touche Gaza est directement liée aux restrictions imposées par Israël sur l’entrée des marchandises et les mouvements du personnel humanitaire, ainsi qu’à l’effondrement de l’ordre public dans le territoire assiégé. Fletcher a insisté sur la nécessité d’ouvrir des couloirs humanitaires sûrs : « Il faut éradiquer la famine là où elle s’est déjà installée et l’empêcher de se propager davantage. »
Un rapport récent du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) indique que la famine sévit déjà parmi plus de 500 000 personnes à Gaza. Le blocus quasi total imposé par Israël pendant près de trois mois cette année a empêché toute entrée de nourriture dans le territoire. Malgré un léger assouplissement en juillet, le volume d’aide autorisé reste bien inférieur aux besoins réels.
Reconstruire un système de santé à l’agonie
Outre la nourriture, l’ONU veut concentrer ses efforts sur la remise en état du système de santé détruit par des mois de bombardements. Des milliers de tentes et de fournitures d’urgence doivent être livrées dans les semaines à venir pour abriter les familles déplacées avant l’hiver.
« Nous allons élargir la distribution d’abris et de matériel de première nécessité, notamment des tentes et des bâches », a précisé Fletcher. « Notre priorité ira aux familles les plus vulnérables, celles qui ont tout perdu. »
Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a pour sa part appelé à « abandonner les procédures bureaucratiques » et à garantir « un accès sûr, durable et sans entraves au personnel humanitaire ». Sans ces conditions, a-t-il prévenu, « les plans de secours risquent de rester lettre morte ».
Une trêve qui ne met pas fin à la catastrophe
L’annonce de ces nouvelles mesures intervient alors qu’un accord de cessez-le-feu aurait été conclu entre Israël et le Hamas, prévoyant une application dans les prochaines 24 heures, sous réserve de validation par le gouvernement israélien. L’accord inclurait la libération d’otages, un retrait partiel des troupes israéliennes et l’entrée massive de convois humanitaires.
Depuis le 7 octobre 2023, la guerre menée par Israël contre Gaza a fait plus de 67 000 morts palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, et plongé la population dans une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent. L’ONU estime aujourd’hui que son dispositif humanitaire dans la bande de Gaza « fonctionne au bord de l’effondrement », incapable d’assurer un approvisionnement régulier en nourriture, en carburant et en médicaments.
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