13 Oct 2025

Des scientifiques découvrent d’importantes fuites de méthane en Antarctique

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Tired Earth

By The Editorial Board

Des chercheurs ont révélé la présence de fuites massives de méthane – l’un des gaz à effet de serre les plus puissants – émanant de fissures situées au fond de l’océan Austral, dans une région où les températures augmentent à un rythme sans précédent.
 
Selon l’étude publiée dans la revue Nature, ces émissions se manifestent sous forme de colonnes de bulles s’échappant du plancher océanique dans la mer de Ross, au nord de l’Antarctique. Les auteurs estiment que ce phénomène est largement répandu dans la zone, et non pas un événement isolé.
 
Le méthane, qualifié de « polluant superpuissant » par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), est responsable d’environ un tiers du réchauffement climatique provoqué par l’activité humaine. Son pouvoir de réchauffement est 25 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.
 
Les chercheurs expliquent que d’importants réservoirs de méthane se trouvent sous les fonds marins à l’échelle mondiale. Dans la mer de Ross, plusieurs zones de suintement de gaz et de fluides ont été identifiées à l’aide de relevés acoustiques effectués depuis des navires et de véhicules sous-marins télécommandés.
 
Les scientifiques soulignent que les océans et les zones côtières restent parmi les plus grandes sources d’incertitude en ce qui concerne les émissions mondiales de méthane, en raison d’un écart persistant entre les concentrations mesurées dans l’atmosphère et les estimations des sources connues.
 
Des études antérieures menées dans l’Arctique avaient déjà mis en évidence des dizaines de milliers de fuites similaires, souvent liées à la fonte des calottes glaciaires et au dégel du pergélisol, libérant du méthane piégé dans des structures appelées hydrates de gaz — des composés cristallins semblables à la glace.
 
La fonte des glaciers et la diminution du poids des calottes polaires réduisent la pression hydrostatique sur les réservoirs sous-glaciaires, favorisant ainsi la libération du méthane vers la surface. Les chercheurs estiment que les réservoirs de gaz enfouis sous la toundra gelée de l’Antarctique pourraient subir le même processus sous l’effet du réchauffement.
 
Ils appellent à intensifier la recherche sur ce phénomène encore mal compris, soulignant que les transformations rapides du climat en Antarctique – notamment la perte de masse glaciaire à grande échelle – rendent urgente la compréhension des dynamiques actuelles et futures des émissions de gaz piégés dans cette région-clé du climat planétaire.

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