Une enquête en sources ouvertes menée par The New Humanitarian, organisation basée à Genève, révèle que les forces d’occupation israéliennes ont tué environ 3 000 Palestiniens et blessé près de 20 000 autres alors qu’ils tentaient d’accéder à l’aide humanitaire depuis le début de la guerre d’extermination menée contre la bande de Gaza.
L’investigation a documenté près de 200 attaques israéliennes contre des civils palestiniens cherchant à obtenir de l’aide entre janvier 2024 et fin juillet 2025. Le rapport recense également de nombreux autres crimes liés aux tirs visant des Palestiniens près des lieux de distribution de l’aide, en particulier après le lancement, fin mai 2025, de la "Gaza Humanitarian Foundation", une structure soutenue par les États-Unis et Israël.
Selon l’enquête, ces attaques ne constituent pas des dérapages isolés mais représentent au contraire l’intensification d’une stratégie létale, partie intégrante de la politique militaire israélienne. Celle-ci a aggravé la famine à Gaza en institutionnalisant le massacre systématique de personnes cherchant de la nourriture et des biens de première nécessité, tout en les privant des conditions élémentaires de survie.
The New Humanitarian précise que le nombre total de victimes des attaques israéliennes contre les demandeurs d’aide s’élève à au moins 2 957 morts et 19 866 blessés au cours des 23 derniers mois. Cela représente environ 4,6 % des plus de 64 600 victimes palestiniennes depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza, et un peu plus de 12 % du total des blessés.
Pour Adil Haq, professeur de droit international à l’Université Rutgers (États-Unis) et l’un des experts juridiques ayant contribué au rapport, « ces attaques répétées constituent de graves violations du droit international humanitaire, et s’apparentent à des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, voire des actes de génocide ».
Il ajoute : « Si les dirigeants israéliens restent indifférents face au massacre d’un si grand nombre de Palestiniens venus chercher de l’aide, alors les condamnations internationales et la perspective de poursuites pour crimes de guerre devraient suffire à les contraindre à modifier leurs politiques afin d’empêcher que ces crimes ne se reproduisent. »
L’enquête conclut qu’Israël a utilisé les attaques contre les demandeurs d’aide comme un outil stratégique, visant notamment à « exercer un contrôle meurtrier sur les foules, provoquer le déplacement forcé et anéantir la capacité collective des Palestiniens à continuer de vivre à Gaza ».
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