20 Sep 2025

Agroécologie : le seul moyen de protéger la biodiversité et de garantir la souveraineté alimentaire

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Tired Earth

By The Editorial Board

La biodiversité, pilier de notre alimentation, s’effondre sous les assauts de l’agro-industrie. Face à cette crise, l’agroécologie apparaît comme l’unique alternative capable de protéger les

La biodiversité est la base de toute production alimentaire, mais elle s’effondre : la faune sauvage a chuté de 70 % depuis les années 1970. Les communautés paysannes, autochtones et locales ont pourtant, pendant des millénaires, cultivé et enrichi cette diversité, créant des milliers d’espèces agricoles. Selon l’article des Amis de la Terre International, l’agroécologie s’inscrit dans cette continuité en s’appuyant sur des savoirs traditionnels, des pratiques respectueuses (cultures associées, rotations, agroforesterie) et des interactions équilibrées entre espèces et écosystèmes. Elle renforce ainsi la résilience des systèmes vivants : pollinisation, fertilité des sols, régulation des nuisibles et cycles de nutriments.

À l’inverse, l’agro-industrie apparaît comme le principal moteur de la perte de biodiversité. Les monocultures intensives réduisent la diversité génétique : aujourd’hui, neuf espèces seulement couvrent 66 % de la production végétale mondiale. L’usage massif de pesticides, d’herbicides et d’OGM contamine les sols et les espèces sauvages, tout en intoxiquant travailleurs agricoles et riverains. L’expansion des grandes entreprises provoque une déforestation dramatique : soja et élevage en Amazonie et au Cerrado, huile de palme en Indonésie et Malaisie, accaparements de terres en Afrique. Ces pratiques fragmentent les écosystèmes et précipitent l’extinction d’innombrables espèces.
 
Ironiquement, l’agro-industrie reste dépendante de la biodiversité qu’elle détruit. Sans pollinisateurs, la production de fruits, légumes ou oléagineux s’effondrerait. Sans micro-organismes, les sols perdent leur fertilité et les engrais deviennent inefficaces. Sans forêts et zones humides, le climat local se dérègle, aggravant sécheresses et inondations. En tentant de remplacer les fonctions naturelles par la chimie et la mécanisation, l’agriculture industrielle s’affaiblit elle-même.
 
Face à cette impasse, l’article plaide pour une réorientation urgente des politiques publiques : il faut cesser de subventionner l’agro-industrie et soutenir les petits producteurs qui pratiquent l’agroécologie, restaurent la diversité des semences, régénèrent les sols et respectent les cultures locales. Des fonds publics devraient renforcer la recherche en agroécologie et accompagner la transition face aux crises climatiques.
 
Le texte souligne que cette mutation est déjà en marche. En septembre 2025, le forum Nyéléni au Sri Lanka réunira mouvements sociaux, communautés et petits producteurs pour construire un mouvement mondial en faveur de la justice environnementale, sociale, économique, raciale et de genre.
 
En somme, la survie de la biodiversité et la souveraineté alimentaire passent par l’agroécologie : non seulement comme modèle agricole, mais aussi comme projet de société centré sur la solidarité et le respect des écosystèmes.

Source : foei.org


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