11 Dec 2024
Tired Earth
By The Editorial Board
Une étude réalisée par l’agence régionale Bretagne Développement Innovation (BDI) montre que 156 entreprises se tournent vers ce secteur émergent qui s’appuie principalement sur les compétences régionales dans le nautisme, la voile de compétition et l’industrie navale : 61 d’entre elles ont déjà une activité commerciale sur ce marché et 95 autres s’y intéressent fortement.
Pour 55 % des entreprises, ce nouveau marché est “prioritaire à important” pour leur développement. L’écosystème régional et les entreprises de ce marché émergent, sont réunis en plénière à Lorient le 10 novembre au matin, pour le lancement officiel de cette nouvelle filière. L’après-midi une trentaine d’entreprises déjà actives sur ce marché participent à un atelier de co-construction sur les conditions du succès d’une dynamique collective. L’objectif fixé par Loïg Chesnais-Girard, président de la Région, est de poser les bases de la feuille de route régionale de la nouvelle filière propulsion par le vent courant du 1er semestre 2022.
Géographie propice au transport à la voile, richesse des infrastructures portuaires et avance technologique de la « Bretagne Sailing Valley® », filière de voile de compétition à la pointe de l’innovation unique au monde, la Bretagne mobilise tous ses atouts pour participer à la décarbonation du transport maritime (fret et passagers) et de la pêche : architecture et design de formes de carènes, de grément ou de sous-ensembles propulsifs, simulation, calcul structurel, construction de pièces composites de grandes dimensions et de gréements, électronique embarquée, routage météo, data au service de la performance, monitoring des matériaux, intelligence artificielle et simulation…
L’étude de BDI révèle l’existence d’une filière bretonne
Pour évaluer l’intérêt du marché de la propulsion par le vent, identifier la chaîne de valeur et les conditions propices au développement d’une filière, la Région Bretagne a commandé à BDI une étude prospective auprès des entreprises bretonnes qui fait apparaître des résultats prometteurs :
Tous ces éléments viennent confirmer l’existence d’une filière émergente constituée d’acteurs présents sur l’ensemble de la chaine de valeur, aux compétences variées pour développer des projets basés sur l’ensemble des technologies de propulsion par le vent !

Un marché prometteur et mature
« Les résultats de cette étude viennent confirmer l’émergence d’un marché prometteur du transport maritime propulsé par le vent et une forte accélération avec des projets matures aux enjeux importants puisque le transport maritime assure plus de 90 % du transport de marchandises au niveau mondial », déclare Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport maritime représentent actuellement plus d’un milliard de tonnes par an, soit l’équivalent des émissions totales de l’Allemagne. Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), elles ne cessent d’augmenter et les émissions de CO2 à la tonne de marchandises transportée doivent être abaissées de 40 % d’ici 2030 et d’au moins 50 % en 2050, par rapport à 2008.
La réduction de la vitesse des navires et des teneurs en soufre des carburants marins de 3,5 % à 0,5 % ainsi que le développement de carburants alternatifs (GNL, hydrogène, biocarburants, etc.) n’y suffisent pas. Le secteur du transport maritime doit obligatoirement trouver de nouvelles solutions appelant des ruptures technologiques de ses modes de propulsion.
Il est fort probable que dans l’avenir la propulsion des navires soit assurée par un « mix » énergétique, la propulsion vélique étant utilisée soit comme mode de propulsion principale, soit comme appoint d’un autre mode de propulsion. L’Union Européenne estime que 15 % de la flotte commerciale sera en partie mue par le vent d’ici 2030, soit une réduction de plus de 40 millions de tonnes de CO2. Avec une flotte mondiale de près de 60 000 navires et de 2 000 en commande, l’enjeu au niveau mondial est de taille pour le secteur de la construction et traduit le potentiel de développement de la propulsion par le vent.
La propulsion par le vent peut être utilisée comme assistance sur la flotte existante (refit). Elle réduit alors de 5 à 20 % du carburant consommé et des émissions associées. Le potentiel est beaucoup plus élevé (jusqu’à 80 % de réduction d’émissions) en propulsion principale déployée sur des navires neufs conçus avec cette technologie en développement. Actuellement une dizaine de grands navires et de petits ferries naviguent déjà avec des technologies de propulsion par le vent.
Une feuille de route régionale en co-construction
Si l’étude de BDI révèle un fort potentiel industriel breton sur ce marché prépondérant pour le développement d’entreprises, de facto, se pose la question du positionnement régional breton et de l’accompagnement à initier pour permettre aux entreprises, de bénéficier d’opportunités et d’accélérer leur développement. « Aujourd’hui la Région Bretagne veut élaborer une feuille de route régionale pour le développement de la propulsion par le vent qui viendra compléter celle adoptée en 2020 sur l’hydrogène, précise Loïg Chesnais-Girard. Elle viendra aussi renforcer le chantier « Mobilité décarbonée » engagé par la Région dans le cadre de la Breizh Cop et la stratégie régionale recherche et innovation (S3) DIS Économie Maritime pour une croissance bleue – Navire du futur ».
Un atelier d’intelligence collective intitulé « Transport maritime et propulsion par le vent, lancement d’une nouvelle filière en Bretagne : les conditions du succès et l’implication dans une dynamique collective » est organisé le 10 novembre dans l’après-midi à l’issue de la plénière de lancement de la filière, avec une trentaine d’entreprises déjà actives sur ce marché et les partenaires bretons de l’écosystème du développement économique et de l’innovation (technopole, pôle de compétitivité, clusters etc..).
Son objectif est de poser les bases de la construction de la feuille de route régionale pour la filière propulsion par le vent, à échéance du 1er semestre 2022.
Source : enerzine.com
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