par Camille BAS-WOHLERT
édité par Andrew Zinin
Les phénomènes météorologiques extrêmes, comme la vague de chaleur qui a frappé la France en juillet, représentent un défi croissant pour l’Europe, indique le rapport.
L’Europe est un leader mondial dans la lutte contre le changement climatique, mais elle doit faire davantage pour protéger son environnement et renforcer sa résilience face au réchauffement, a averti lundi l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
« Des progrès significatifs ont été réalisés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique, mais l’état général de l’environnement en Europe n’est pas bon », a déclaré l’AEE dans un communiqué présentant son dernier rapport sur le sujet.
Cette évaluation intervient après que les États membres de l’UE, lors d’un sommet climatique de l’ONU la semaine dernière, n’ont pas réussi à présenter un plan formel pour 2035 visant à réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre, en raison de désaccords entre les 27 pays du bloc.
L’Union est également incapable de s’accorder sur une proposition ambitieuse de la Commission européenne visant à réduire de 90 % les émissions d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 1990.
Les émissions de gaz à effet de serre de l’UE ont chuté de 37 % depuis 1990, bien plus que celles d’autres grands pollueurs comme la Chine et les États-Unis, grâce à la diminution de l’utilisation des combustibles fossiles et au doublement des énergies renouvelables depuis 2005.
Mais les pays de l’UE doivent « renforcer la mise en œuvre des politiques et des mesures de durabilité à long terme déjà convenues dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe », adopté sous le précédent mandat de la Commission, a souligné l’AEE.
La nature du continent « continue de subir dégradation, surexploitation et perte de biodiversité », a noté l’agence, qui a compilé des données provenant de 38 pays pour son rapport.
L’eau, en particulier, est une ressource de plus en plus rare, tandis que les terres sont surexploitées.
Quelque 81 % des habitats protégés sont dans un état médiocre ou mauvais, 60 à 70 % des sols sont dégradés, et 62 % des masses d’eau ne sont pas en bon état écologique, selon le rapport.
Le changement climatique aggrave la pénurie d’eau, mais l’AEE estime qu’il est possible d’économiser jusqu’à 40 % des ressources dans l’agriculture, l’approvisionnement et l’énergie grâce à une meilleure gouvernance, à l’innovation technologique, à la réutilisation de l’eau et à une sensibilisation accrue du public.
Les impacts du changement climatique représentent un défi croissant, a-t-elle insisté.
Nombre de ses effets sont indirects, causant des dommages aux infrastructures et aux écosystèmes, ou entraînant une hausse des prix, entre autres.
La plupart des bâtiments en Europe n’ont pas été conçus pour résister à la chaleur, a noté l’AEE, soulignant que 19 % des Européens ne parviennent pas à maintenir une température confortable chez eux.
La fréquence des vagues de chaleur extrêmes augmente, mais seuls 21 des 38 pays membres de l’AEE disposent de plans d’action sanitaire contre ces épisodes, a-t-elle relevé.
Une facture financière en hausse
En général, les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes – vagues de chaleur, inondations, glissements de terrain et incendies de forêt – ont causé plus de 240 000 morts entre 1980 et 2023 dans les 27 pays de l’UE.
La facture économique de ces événements ne cesse d’augmenter.
Les pertes économiques annuelles moyennes ont été 2,5 fois plus élevées entre 2020 et 2023 que durant la période 2010-2019.
En 2023, le coût des inondations en Slovénie a représenté 16 % du PIB du pays.
L’agence appelle l’Europe à adapter ses sociétés et son économie.
« La survie de l’humanité dépend d’une nature de qualité, en particulier pour ce qui est de l’adaptation au changement climatique », a déclaré Catherine Ganzleben, responsable de l’unité « Transitions durables et équitables » de l’AEE, lors d’un point presse.
« La durabilité n’est pas un choix, c’est une question de calendrier. Est-ce qu’on agit à court terme et dès maintenant, ou bien est-ce qu’on remet à plus tard, auquel cas ce sera plus difficile et le coût de l’inaction sera plus élevé ? », a-t-elle ajouté.
Prévenir la pollution réduit le nombre de décès et de maladies ainsi que leurs conséquences néfastes.
Concernant la pollution de l’air, le nombre de décès liés à l’exposition aux particules fines a considérablement diminué, chutant de 45 % entre 2005 et 2022.
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