11 Oct 2025

Les États-Unis menacent de sanctionner les membres de l’OMI favorables au plan mondial de réduction des émissions maritimes

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Tired Earth

By The Editorial Board

Les États-Unis ont brandi la menace de sanctions et de restrictions de visas contre les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) qui soutiendraient un projet de cadre mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime, l’un des secteurs les plus polluants au monde.
 
Cette semaine, les États membres des Nations unies doivent voter à Londres sur une feuille de route “zéro émission nette” proposée par l’OMI pour le transport maritime international, responsable d’environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et du transport de près de 80 % du commerce planétaire.
 
Saluée par les organisations environnementales et les investisseurs engagés dans la transition écologique, cette initiative est perçue par Washington comme une menace directe pour ses intérêts économiques. La réaction américaine marque un recul politique vis-à-vis de la gouvernance climatique internationale.
 
Dans un communiqué conjoint, le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à l’Énergie Chris Wright et le secrétaire aux Transports Sean Duffy ont déclaré que les États-Unis « rejettent catégoriquement » la proposition soumise à l’OMI et « ne toléreront aucune mesure susceptible d’augmenter les coûts pour les citoyens américains, les fournisseurs d’énergie, les compagnies maritimes, leurs clients ou les touristes ».
 
Les partisans du plan de l’OMI estiment qu’un cadre mondial commun est essentiel pour éviter une mosaïque de réglementations régionales coûteuses et inefficaces, qui compliqueraient la transition énergétique du secteur maritime.
 
Mais plusieurs grandes compagnies de transport de pétrole ont fait part de “grandes inquiétudes”, craignant que le projet n’impose des charges financières disproportionnées et n’entraîne une hausse des coûts du fret mondial.
 
Washington, pour sa part, ne se limite pas à une opposition verbale. L’administration américaine envisage des « mesures de rétorsion » contre les États soutenant la feuille de route, incluant l’interdiction d’accès de leurs navires aux ports américains, des restrictions de visas, ainsi que des sanctions visant les responsables politiques « favorables aux politiques climatiques dictées par les activistes ».
 
Un bras de fer sur la gouvernance climatique mondiale
 
Ce différend illustre une tension croissante entre la régulation internationale du climat et la défense des intérêts économiques nationaux. Alors que les institutions multilatérales appellent à des engagements plus ambitieux pour atteindre la neutralité carbone, certaines puissances, au premier rang desquelles les États-Unis, adoptent un discours protectionniste face aux politiques de transition.
 
Pour les experts, cette posture compromet la capacité du secteur maritime à se décarboner efficacement : sans un cadre mondial cohérent, la transition écologique du transport maritime restera fragmentée et inégale.
 
Dans les prochains jours, le résultat du vote à l’OMI dira si l’industrie du transport maritime parvient à résister aux pressions politiques des grandes puissances — ou si, une fois de plus, les intérêts nationaux à court terme prendront le pas sur l’action climatique collective.

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