Le plastique à usage unique, incontournable à l'hôpital ? Ce médecin australien prouve le contraire
Tired Earth
By The Editorial Board
Blouses jetables, instruments divers… Dans le secteur de la santé, en particulier au sein des hôpitaux, le plastique à usage unique est quasi omniprésent. Un médecin australien a choisi une a
Le personnel de santé est débordé… les poubelles des hôpitaux également ! Les établissements de santé américains génèrent environ 5,9 millions de tonnes de déchets chaque année, dont près de 30 % sont en plastique, selon une étude citée par Bloomberg (E.A Voudrias, Waste Management, 2018).
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Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. En réalité, l'hôpital n'a commencé à "recourir massivement" aux produits jetables qu'après la Seconde Guerre mondiale, lorsque le plastique est devenu moins cher, rapporte le média économique. Puis, face aux craintes liées au VIH et au marketing "agressif" des fabricants, la tendance s'est "intensifiée" dans les années 1980.
Désormais, l'industrie mondiale des plastiques médicaux est en passe de dépasser les 87 milliards de dollars d’ici 2030 (Grand View Research). Une fatalité ? Pas nécessairement.
Un "mur" d'appareils de stérilisation
À l'hôpital Footscray de Melbourne, dans le sud de l'Australie, nos confrères américains ont rencontré un praticien qui n'entend pas se laisser dicter ses choix par l'industrie pétrochimique. Forbes McGain est médecin anesthésiste en soins intensifs, et son entrepôt est devenu le "théâtre d'une rébellion silencieuse contre les déchets médicaux".
Dans son placard s'empilent en effet des "lots de blouses et de champs chirurgicaux" dont certains sont emballés dans du tissu lavable et durable. À côté, dans la salle de décontamination, le personnel rince les plateaux, réassemble les kits chirurgicaux et charge les paquets de linge au niveau d'un "mur d'appareils de stérilisation".
Une activité tout sauf habituelle, selon le médecin :
Beaucoup d'hôpitaux n'auraient pas ça du tout. Tout serait jeté à la poubelle.
Son équipe a non seulement milité en faveur de blouses chirurgicales, de champs opératoires et de tubes à oxygène réutilisables, mais elle s'est aussi associée à des fabricants pour recycler les poches de perfusion en PVC et les masques à oxygène en tuyaux agricoles, liste Bloomberg.
Des changements aussi positifs d'un point de vue écologique qu'économique : une modélisation réalisée pour un hôpital britannique a montré qu'une transition vers les blouses réutilisables permettrait de réduire les émissions de carbone d'environ 100 tonnes, de réduire de 20 tonnes les déchets, et d’économiser 500 mètres cubes d'eau – tout en économisant 100 000 livres (115 000 euros) par an.
La santé, un secteur qui pèse lourd sur le climat
Dans une étude publiée l'an dernier, l'anesthésiste et ses collègues ont montré qu'une même opération pouvait générer des quantités de déchets très différentes selon les choix du chirurgien (F. McGain et al. Australian Health Review, 2024). Pour une arthroplastie du genou (pose d'une prothèse), la quantité d'articles en plastique et en PVC jetés pouvait ainsi varier du simple au double.
Les recherches de Forbes McGain auraient même influencé la politique nationale australienne : les tubulures de ventilation, autrefois remplacées quotidiennement, le sont désormais toutes les semaines, réduisant ainsi les déchets de 80 %.
Le média économique évoque toutefois des limites d'ordre industriel. Ainsi, les circuits de ventilation réutilisables disparaissent du marché : "Il devient de plus en plus difficile d’y accéder, car les entreprises ne les fabriquent plus", regrette Forbes McGain.
À l'échelle mondiale, si le secteur de la santé était un pays, il serait le cinquième plus grand émetteur, loin devant le Japon et le Canada – Bloomberg
Outre le plastique à usage unique, d'autres changements permettraient d'alléger l'empreinte environnementale du secteur de la santé, à l'instar des chaudières à gaz ou au fioul remplacées par des pompes à chaleur, et de la réduction du recours au protoxyde d'azote – un gaz anesthésiant dont le potentiel de réchauffement est environ 300 fois supérieur à celui du CO₂ –, complète le médecin.
Dans ses deux rapports "Décarbonons les Médicaments" et "Décarbonons les Dispositifs Médicaux" (juin 2025), l'équipe santé du groupe de réflexion The Shift Project a estimé à 9,1 millions et 7,4 millions de tonnes équivalent CO₂ les émissions respectives correspondant aux médicaments consommés en France et aux dispositifs médicaux.
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