La France souhaite maintenir l’objectif européen de fin des ventes de véhicules thermiques neufs en 2035, mais demande officiellement des « flexibilités » afin de protéger l’industrie automobile européenne. C’est ce qu’indiquent jeudi les ministères de l’Économie et de la Transition écologique dans un communiqué commun.
Le gouvernement affirme vouloir « poursuivre l’électrification des véhicules » tout en défendant « la neutralité technologique » si celle-ci s’accompagne de mesures favorisant la production sur le territoire européen. Paris se prononce notamment pour une réglementation qui « soutienne les emplois industriels » et introduise « une véritable préférence européenne » dans la fabrication automobile.
Les ministres Monique Barbut (Transition écologique), Roland Lescure (Économie) et Sébastien Martin (Industrie) estiment que la réglementation européenne sur les émissions de CO₂ doit être adaptée aux contraintes économiques actuelles. Ils souhaitent qu’elle « serve en priorité la production automobile européenne » face à la concurrence internationale.
L’industrie automobile européenne traverse une période difficile. Les ventes de véhicules électriques progressent moins vite que prévu, freinées par des prix élevés. Dans le même temps, les constructeurs européens subissent une forte pression des marques chinoises, désormais très présentes sur le marché. Les tensions commerciales avec les États-Unis, où l’administration Trump a relevé les droits de douane, ajoutent aux difficultés.
Au niveau européen, plusieurs industriels et responsables politiques plaident pour un réexamen de la réglementation. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz a récemment indiqué vouloir « tout faire » pour obtenir un report ou un assouplissement de l’interdiction prévue en 2035.
La « neutralité technologique » au cœur du débat
La notion de « neutralité technologique », défendue par plusieurs États et industriels, implique de ne pas limiter la transition à la seule voiture électrique. Certains plaident pour le maintien des hybrides rechargeables après 2035 ou pour l’ouverture aux carburants synthétiques et biocarburants.
La Commission européenne affirme de son côté vouloir garder le cap. Une clause de révision de la loi est toutefois prévue en 2026. Face à la pression croissante, la Commission a annoncé qu’elle commencerait ses discussions dès la fin 2025.
Selon le communiqué du gouvernement français, la priorité est désormais de « produire en Europe, avec des composants européens, les véhicules vendus dans l’Union européenne ». La France souhaite que les projets industriels bénéficiant aux fournisseurs et équipementiers européens soient « soutenus en priorité ».
Le secteur automobile représente environ 800 000 emplois en France, selon un rapport sénatorial récent. La Fédération française des équipementiers automobiles (FIEV) demande l’instauration rapide de règles fixant un contenu minimum européen dans la fabrication de véhicules.
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