Des vestiges bibliques, des châteaux libanais, une migration d'antilopes et le lac Baïkal menacés par les conflits et le climat.
L'UNESCO s'apprête à voter, à partir du 19 juillet à Busan (Corée du Sud), sur l'inscription de plusieurs sites sur la liste du patrimoine mondial en péril . Trois sites non encore classés pourraient être directement inscrits selon une procédure d'urgence .
Sebastia en Cisjordanie, identifiée comme l'antique cité biblique de Samarie, est menacée par les pressions foncières et l'instabilité du conflit israélo-palestinien . La population locale, qui dépend du tourisme pour vivre, craint de perdre tout accès au site . Au Liban, cinq châteaux du mont Amel, dont la forteresse de Beaufort capturée par l'armée israélienne en mai, ont subi des frappes directes . Le ministre libanais de la Culture a adressé une lettre d'urgence à l'UNESCO pour alerter sur un « risque extrêmement sérieux » de destruction, en soulignant que ce site bénéficie pourtant du statut de protection renforcée au titre de la Convention de La Haye de 1954 .
Au Soudan du Sud, le paysage migratoire de Boma-Badingilo, qui abrite la plus grande migration de mammifères terrestres au monde avec environ 6 millions d'antilopes (kobs, gazelles, tiangs), est fragilisé par l'insécurité, le braconnage et l'absence de protection juridique . Le gouvernement sud-soudanais, qui a récemment validé son dossier de nomination, espère que ce classement contribuera à « tourner la page » sur l'image d'un pays en conflit .
Plusieurs sites déjà classés pourraient être rétrogradés en « danger » : les ruines de Tyr au Liban, bombardées ces derniers mois , et le lac Baïkal en Russie. Ce lac, qui contient 20 % des réserves mondiales d'eau douce, est menacé par la pollution, le tourisme de masse et la baisse du niveau d'eau due à un barrage en Mongolie . L'UNESCO s'inquiète également d'un affaiblissement du cadre juridique protégeant le site, qui pourrait faciliter des projets de développement nuisibles .
Comme le rappelle Lazare Eloundou Assomo, directeur du Centre du patrimoine mondial, cette inscription « n'est pas une réprimande » mais vise à aider les États à « trouver des financements, des partenaires et de l'attention » pour préserver ces trésors de l'humanité .
Photo : Des forces terrestres israéliennes mènent une opération militaire sur la crête de Beaufort, au sud du Liban. Photo : Xinhua/Shutterstock
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