Interrogés sur l'horizon 2050, deux Français sur trois estiment qu'ils prendront davantage en compte l'impact environnemental de leurs futurs voyages, selon une enquête réalisée par l'Institu
Imaginer l'avenir du voyage n'est pas chose aisée : les tour-opérateurs le concèdent. Du côté de Nomade Aventure, on interroge les experts et les écrivains de science-fiction pour tenter de dessiner la carte des destinations en 2075, et pour penser le tourisme – animalier, spatial, etc. — de demain. Chez Allibert Trekking, ce sont les voyageurs eux-mêmes que l'on questionne.
Le spécialiste du voyage à pied a ainsi commandé à l'Institut ViaVoice un sondage consacré à "L'avenir des vacances par les Français". Une enquête réalisée en ligne et au printemps dernier, sur un échantillon de 1 500 personnes âgées de 18 ans et plus (représentatives de la population française), auxquelles il a été demandé de se projeter 25 ans dans le futur.
Parmi les enseignements les plus marquants, deux Français sur trois estiment qu'ils prendront davantage en compte l'impact environnemental de leurs voyages à l'horizon 2050. À peine un sur quatre le mentionne parmi les critères les plus importants dans ses choix actuels – parmi les 18-24 ans, c'est déjà un sur trois.
Taxer les billets d'avion : y sommes-nous prêts ?
L'analyse des comportements s'est portée sur les 1 181 personnes affirmant être parties en "vacances" ces deux dernières années, au sens de "quitter son domicile" pendant plusieurs jours, hors cadre professionnel, que ce soit en France ou à l'étranger.
Certaines affirmations sont très largement partagées, comme le fait que les habitudes de voyage des sondés eux-mêmes et celles qu'ils envisagent de la part de leurs compatriotes seront amenées à "évoluer" d'ici 25 ans (76 % et 84 % de "oui", respectivement).
Interrogés de manière ouverte sur les causes, ils sont 32 % à évoquer les raisons écologiques liées au changement climatique – seulement trois points d’écart avec les motifs économiques (35 %).
Parmi les mesures environnementales proposées aux voyageurs, si les plus plébiscitées sont de type non-contraignantes (encourager les agences à proposer des circuits plus respectueux, sensibiliser les voyageurs, etc.), ceux-ci n'excluent pas les mesures restrictives telles que la mise en place de quotas de visiteurs pour l'accès à certains lieux (76 % de "favorables"). Près de la moitié seraient même prêts à voir les billets d'avion davantage taxés.
L'intensité plutôt que la distance
"Personne ne veut choisir entre le plaisir de son voyage et un critère écologique qui serait contraignant. Il faut essayer de combiner les deux", juge Frédéric Giroir, directeur général d'Allibert Trekking, en conférence de presse (2 octobre 2025). "Les Scandinaves ont ouvert une autre voie en rendant la sobriété attractive", confirme Marie Allantaz, experte dans le secteur du tourisme : "les acteurs qui réussissent sont ceux qui donnent de la valeur ajoutée émotionnelle au bas-carbone", précise-t-elle.
Le voyage n'est en effet "plus simplement une parenthèse de détente, il devient une expérience plus forte, plus intense, potentiellement transformatrice", estime le premier. Ce qui se traduit par "une très forte demande de personnalisation" : "Ce n'est plus "le" voyage mais "mon" voyage, c'est-à-dire une expérience unique".
Ainsi, le tourisme de transformation "progresse plus vite que le tourisme purement récréatif", renchérit Marie Allantaz. "L'immersion, la rencontre et la reconnexion pèsent désormais autant que la détente", note-t-elle, observant que le voyage "n'est plus vraiment défini par la distance, mais par l'intensité qui est vécue".
Soixante pour cent des voyageurs européens acceptent de payer plus si l'impact environnemental est "prouvé et transparent", d'après une étude du World Travel Monitor. Or, du point de vue du voyageur, "il faut qu'il y ait un impact positif, pas uniquement sur l'environnement, mais sur moi-même et sur les autres, sur les gens que je vais rencontrer", indique l'experte :
" Il me semble que l'on peut raconter une autre histoire, celle d'un voyage qui sera peut-être plus rare mais plus intense, ou au contraire plus fréquent mais moins lointain. Celle d'un temps retrouvé, d'un lien profond avec des lieux, des habitudes, des habitants. Et c'est exactement ce que recherchent les nouvelles générations.
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