Au sud de Rennes, une centaine d’agriculteurs ont répondu, ce vendredi, à l’appel de la FNSEA et des JA, contre le Mercosur. L’occasion de réclamer du temps et des moyens au Sage Vilaine, dan
Sept tracteurs en travers de la route à Saint-Just (35) : un groupe d’une petite centaine d’agriculteurs a établi, dans le calme, un barrage filtrant, ce vendredi, peu après 9 h, à quelques mètres de la salle où se tenait la réunion de la Commission locale de l’eau (CLE), chargée de réviser le règlement du Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) du bassin de la Vilaine. Tout près de là, quelques dizaines de militants de la Confédération paysanne et de l’agriculture biologique. Et, entre les deux, plus de gendarmes que de manifestants.
En pleine mobilisation nationale contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, les agriculteurs venus de Bretagne et des Pays de la Loire entendaient faire le trait d’union entre « les produits alimentaires qu’on laisse entrer alors qu’ils ne respectent pas nos règles, et ces nouvelles obligations que l’on veut malgré tout nous imposer alors que nous avons l’agriculture la plus vertueuse », résume Cédric Henry, le président de la FDSEA d’Ille-et-Vilaine.
Deux visions s’opposent
Face à la contamination de l’eau aux pesticides et à la raréfaction de la ressource, ce nouveau règlement, soumis, cet été, à l’approbation des communes, se veut ambitieux. « C’est un enjeu de santé publique. La position de la FDSEA est schizophrène et hypocrite », martèle Samuel Dugas, porte-parole de la Confédération paysanne.
La CLE est pourtant allée trop vite aux yeux des deux syndicats majoritaires. Critiqués pour leurs interventions dans les conseils municipaux, les agriculteurs se défendent de toute pression : « Les communes n’ont pas eu le temps d’analyser le document », dénoncent-ils. Autour de la grande table dressée dans la salle polyvalente du petit bourg, des représentants des communautés d’agglomération acquiescent : « Ces documents sont compliqués pour les élus, les agriculteurs et les citoyens. Ils se sentent dépossédés du sujet ».
Une piste pour financer la transition
Dans ces conditions, les agriculteurs à l’origine du mouvement ont pris la parole devant la CLE pour réclamer plus de temps. « Il n’y a pas d’obligation à voter le règlement avant les élections municipales. Il nous faut du temps, des solutions », estiment-ils. Le temps de l’ouverture d’une étude d’impact socio-économique, qu’ils réclament. Tout comme la suppression de nouvelles contraintes concernant les zones humides et l’interdiction généralisée de l’interdiction des herbicides autour des zones de captage.
Après avoir entendu les agriculteurs, la CLE a voté, ce vendredi, une motion demandant aux producteurs d’eau potable d’accompagner financièrement la transition vers des solutions de désherbage mécanique des champs de maïs. Pour Michel Demolder, le président de la CLE, leur financement pourrait voir le jour au travers de paiements pour services environnementaux.
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