17 Sep 2025
Tired Earth
By The Editorial Board
Étouffée par les fumées des incendies, la région amazonienne est confrontée à une explosion des cas de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Cependant, dans les municipalités situées à
Elle régule déjà le climat et la biodiversité : et si la forêt amazonienne préservait également la santé humaine ? Bien que cet écosystème se classe loin derrière l'océan en tant que producteur net d'oxygène sur la planète, il offre néanmoins aux humains vivant à proximité une précieuse bouffée d'air pur, confirme une étude publiée le 11 septembre dans la revue Communications Earth & Environment.
Vidéo GEO - Amazonie : le caoutchouc dans sa version durable
Dirigée par une chercheuse de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), une équipe de scientifiques sud-américains et américains révèle que les forêts situées sur les terres autochtones constituent en effet une protection efficace contre près d'une trentaine de maladies qui menacent les 33 millions d'habitants de la région (J.R. Barreto, A.F. Palmeirim et al. 2025).
Une étude d'ampleur inédite
Les accidents vasculaires cérébraux, le cancer du poumon et l'asthme, mais aussi la maladie de Chagas, le paludisme et la leishmaniose : les auteurs se sont penchés sur les cas de 27 maladies, dont 21 de type cardiovasculaires et respiratoires et six de type infectieuses, recensés sur près de deux décennies (2001 à 2019) – soit 30 millions de cas au total.
Résultat : la proximité avec les forêts possédées par les peuples indigènes a "systématiquement réduit" l'incidence de ces maladies, d'après cette analyse inédite par son ampleur – les données provenaient de quelque 1 733 municipalités représentant les trois quarts de l'Amazonie, réparties entre la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Équateur, le Pérou, le Suriname, le Venezuela et la Guyane française.
En Amazonie, la fumée des feux de forêt est directement liée à une augmentation des hospitalisations pour les affections respiratoires et cardiovasculaires, expliquent les auteurs. Rien qu'en Amazonie brésilienne, entre 2002 et 2011, les incendies ont ainsi été responsables, en moyenne, de 2 906 décès prématurés dus à ces maladies.
Expansion agricole, routes, forages pétroliers
Souvent déclenchés dans le but de faire place au pâturage ou aux cultures, ces incendies voient à la fois leur fréquence, leur intensité et leur ampleur aggravée par les effets du changement climatique. Or, ils "emplissent l'air d'une épaisse fumée suffocante", décrit Ana Filipa Palmeirim, professeure à l'université fédérale du Pará (Brésil) et co-auteure principale de l'étude (communiqué) :
" La vie quotidienne étant totalement paralysée, les personnes âgées et les enfants doivent rester chez eux pour éviter les visites à l'hôpital. Même lorsque les incendies se déclarent dans des zones forestières reculées, les vents propagent la pollution à grande échelle, créant des urgences sanitaires mortelles.
Quant aux maladies infectieuses dont l'origine (zoonoses) ou le mode de transmission (maladies vectorielles) implique des animaux non-humains, notamment les moustiques, des études antérieures ont montré que la déforestation était "directement liée" à leur augmentation. L'expansion agricole, mais aussi les forages pétroliers et les grands projets d'infrastructures (routes et centrales hydroélectriques) favorisent en effet les contacts entre les humains et la faune sauvage.
"Les forêts d'Amazonie sont bénéfiques pour la santé de millions de personnes", résume dans un communiqué Paula Prist, coordinatrice principale du programme "Forêts et Prairies" de l'UICN, qui a supervisé la recherche. "Garantir aux communautés indigènes des droits solides sur leurs terres est le meilleur moyen de préserver les forêts et leurs bienfaits pour la santé", ajoute-t-elle.
Après avoir rejoint l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en février dernier, le gouvernement du président brésilien Lula a récemment organisé des enchères pour la vente de 172 "unités d’exploitation pétrolières" dont la plupart se situent dans le bassin amazonien et au large des côtes du pays. Un processus qui a suscité l'inquiétude des communautés concernées (juin 2025).
Source : geo.fr
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