23 Nov 2025

COP30 : l’accord final dans l’impasse après le rejet européen de la dernière version du texte

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Tired Earth

By The Editorial Board

Les négociations de la COP30, qui se déroulent à Belém, se sont enlisées vendredi soir après que l’Union européenne a rejeté la dernière version du projet d’accord préparé par la présidence brésilienne. Selon Bruxelles, le texte manque de clarté et d’ambition et ne permettrait pas d’accélérer les efforts mondiaux pour réduire les émissions responsables du réchauffement climatique.
 
Dans un communiqué ferme, le commissaire européen au climat, Wopke Hoekstra, a estimé que la proposition actuelle était « trop faible » et a affirmé que les Vingt-Sept « ne l’accepteraient en aucun cas ».
L’UE a laissé entendre qu’elle pourrait faire des concessions sur la question du financement destiné aux pays en développement, mais uniquement si le texte renforçait nettement les engagements de réduction des émissions.
 
L’hypothèse d’un retrait européen évoquée
 
À mesure que la soirée avançait, plusieurs négociateurs européens ont confié que l’option d’un retrait pur et simple des discussions était envisagée, plutôt qu’une acceptation jugée « en l’état impossible ». Une perspective qui a alarmé la présidence brésilienne.
 
« Ce processus ne doit pas nous diviser. Nous devons trouver un terrain d’entente », a exhorté André Corrêa do Lago, président de la COP30, lors d’une session plénière convoquée d’urgence avant la reprise des négociations nocturnes.
 
Le refus européen a provoqué de vives réactions parmi plusieurs économies émergentes. Celles-ci ont reproché à Bruxelles de se concentrer exclusivement sur la question des combustibles fossiles sans offrir de garanties claires en matière de financements climatiques pour les pays les plus vulnérables.
 
« Nous ne pouvons pas avancer sur un seul pilier », a déclaré un négociateur d’un pays en développement, sous couvert d’anonymat. « Si l’on veut une trajectoire sur les énergies fossiles, il doit y avoir en parallèle un engagement solide sur le financement. »
 
Un texte privé de toute mention des combustibles fossiles
 
La version du projet d’accord publiée par le Brésil aux premières heures de vendredi a surpris de nombreux délégués : elle ne contient aucune référence explicite au pétrole, au gaz ou au charbon, alors que cette question dominait les discussions des jours précédents. Dans une version antérieure, plusieurs options figuraient encore concernant la sortie progressive ou la réduction de l’usage des énergies fossiles.
 
Ces mentions ont disparu après l’opposition d’un bloc de pays producteurs d’hydrocarbures, soutenus par plusieurs grandes économies. En dépit de cela, près de 80 États avaient réclamé au début du sommet un engagement clair visant à planifier la transition hors des combustibles fossiles.
 
Selon des négociateurs interrogés vendredi soir, nombre de ces pays semblent désormais prêts à accepter un accord final dépourvu de toute référence directe aux énergies fossiles, signe que les lignes bougent à huis clos.
Un négociateur brésilien a toutefois indiqué qu’il était « hautement improbable » que la mention soit réintroduite, la présidence de la COP privilégiant seulement « quelques ajustements mineurs » au texte actuel.
 
L’une des options encore sur la table serait la création d’un accord parallèle, non contraignant et volontaire, sur la transition énergétique. Il ne ferait pas partie du texte principal et ne nécessiterait donc pas un consensus de tous les États.
 
Le financement au cœur des tensions
 
La proposition brésilienne appelle à un doublement, d’ici 2030, des financements destinés à l’adaptation des pays vulnérables, par rapport aux niveaux de 2025.
 
Elle reste toutefois floue sur la provenance exacte des fonds : contributions directes des pays développés, prêts des banques de développement, ou investissements du secteur privé.
 
Or, sans clarifications, plusieurs pays du Sud jugent cette promesse trop incertaine pour compenser l’absence d’engagements plus ambitieux sur les énergies fossiles.
 
Pour être adopté, le texte doit recueillir l’unanimité des quelque 200 délégations présentes à Belém — un défi de taille alors que les négociations se prolongent au-delà de la date officielle de clôture.
 
Une COP sous tension et sans les États-Unis
 
Cette COP30 se déroule dans un contexte politique particulier, marqué par l’absence des États-Unis après le retrait décidé par le président Donald Trump, qui continue de qualifier le réchauffement climatique de « supercherie ».
 
La présidence brésilienne, qui voyait dans cette COP « un moment crucial pour la coopération mondiale », tente désormais d’éviter un échec diplomatique majeur.
 
« Montrer que le multilatéralisme tient encore debout est en soi un signal essentiel », a insisté André Corrêa do Lago.
 
À ce stade, aucune issue n’est garantie, et les observateurs s’attendent à une fin de sommet agitée, à la mesure des divergences profondes entre États sur l’avenir des combustibles fossiles, le rythme de réduction des émissions et le financement nécessaire pour soutenir les pays les plus exposés aux impacts climatiques.

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