09 Sep 2025

À la deuxième conférence sur le climat, l’Afrique plaide pour des solutions concrètes

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Tired Earth

By The Editorial Board

La capitale éthiopienne accueille la deuxième Conférence africaine sur le climat, un rendez-vous de trois jours placé sous le thème « Accélérer les solutions mondiales pour le climat : financer une Afrique verte et résiliente ». Plus de 25 000 participants, dont des chefs d’État, experts, universitaires et acteurs de la société civile, y prennent part.
 
L’événement intervient alors que la planète, et particulièrement l’Afrique, subit de plein fouet les effets du dérèglement climatique. De plus en plus de voix appellent à ce que le continent cesse d’être seulement un bloc de négociation et devienne une source de solutions. Il fait suite à la première conférence organisée en septembre 2023 à Nairobi, où les dirigeants africains avaient annoncé plus de 23 milliards de dollars pour le développement durable et réclamé une réforme du système financier mondial ainsi qu’une taxe carbone internationale.
 
un changement de posture ?
 
Dans son discours inaugural, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a affirmé que l’Afrique devait être reconnue comme un acteur majeur de l’économie climatique mondiale. « Nous ne sommes pas ici pour négocier notre survie, mais pour concevoir la prochaine économie du climat », a-t-il déclaré, mettant en avant la jeunesse et la créativité du continent ainsi que ses vastes réserves de carbone.
 
Parmi les initiatives discutées figure la promotion du recyclage et de la valorisation des déchets. Hanna Mamo, responsable d’un projet éthiopien de transformation économique, a indiqué que plus de 6 000 petites et moyennes entreprises avaient déjà bénéficié de formations et d’un soutien technique, permettant la création d’environ 250 000 emplois et l’essor d’une croissance durable.
 
Un financement largement insuffisant
 
Selon les estimations, l’Afrique aurait besoin de 1 300 milliards de dollars par an pour s’adapter au changement climatique, alors qu’elle n’est responsable que de 4 % des émissions mondiales. Les pays industrialisés, principaux pollueurs depuis plus de 150 ans, ne proposent pour l’heure qu’environ 300 milliards, un montant jugé très insuffisant.
 
Les priorités définies par l’Union africaine incluent l’agriculture intelligente face au climat, la protection de la biodiversité, le développement des énergies renouvelables et une meilleure gestion de l’eau. Mais pour Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’UA, atteindre ces objectifs suppose de garantir la justice climatique, l’accès aux financements et aux technologies.
 
La conférence a aussi donné une place aux projets communautaires. Le Néerlandais Thijs Molenbroek a présenté une initiative de diffusion de foyers améliorés, destinés à remplacer le charbon et réduire la pollution domestique. Ces équipements coûtent toutefois près de 600 dollars l’unité, un prix prohibitif pour de nombreuses familles, ce qui limite leur diffusion sans soutien financier.
 
Ambitions et obstacles
 
La rencontre d’Addis-Abeba traduit une volonté croissante de l’Afrique de jouer un rôle moteur dans les négociations climatiques mondiales. Des partenariats sont attendus, mais l’absence de mécanismes solides de suivi et l’écart entre besoins (250 milliards par an) et financements réels (30 milliards) pèsent sur la mise en œuvre des projets.
 
Malgré ces limites, la conférence illustre l’émergence d’une nouvelle dynamique africaine face à l’urgence climatique, fondée sur l’innovation, la coopération et la quête d’un financement équitable.


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