L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé vendredi la suspension de toutes ses activités médicales dans la ville de Gaza, en raison de l’intensification des attaques israéliennes qui rendent son action « impossible ».
Dans un communiqué, MSF explique que ses cliniques sont désormais encerclées par les forces israéliennes, obligeant ses équipes à interrompre leurs services malgré des « besoins humanitaires immenses ».
Selon Jacob Granger, coordinateur d’urgence de MSF à Gaza, l’escalade des bombardements israéliens a mis en danger direct les personnels médicaux. L’organisation a dû cesser ses activités après une dégradation dramatique de la situation sécuritaire. Les plus vulnérables — nouveau-nés, blessés graves et malades chroniques — se retrouvent aujourd’hui privés de soins essentiels.
Cette suspension intervient alors qu’Israël mène depuis le 11 août l’opération militaire baptisée « Chariots de Gédéon 2 », combinant incursions terrestres, bombardements aériens et d’artillerie, destructions de maisons à l’explosif et déplacements forcés.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël, avec le soutien des États-Unis, mène ce que plusieurs organisations internationales qualifient de génocide à Gaza. Le bilan officiel fait état de 65 549 Palestiniens tués et 167 518 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Par ailleurs, 442 personnes, dont 147 enfants, sont mortes de faim et de malnutrition.
Dans ses communiqués récents, MSF alerte sur une explosion sans précédent de la malnutrition dans ses structures de Gaza et d’Al-Mawasi (sud de la bande de Gaza). L’organisation fait état de plus de 700 femmes enceintes et allaitantes ainsi que près de 500 enfants inscrits dans des programmes de nutrition thérapeutique. Dans la seule clinique de Gaza, les cas recensés ont presque quadruplé en moins de deux mois.
MSF souligne également que 1 enfant de moins de 5 ans sur 4, ainsi qu’un quart des femmes enceintes, souffrent désormais de malnutrition. L’ONG accuse les autorités israéliennes d’utiliser la privation de nourriture et d’eau comme arme de guerre délibérée.
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