Guerre

21 Sep 2026

Gaza : la destruction israélienne des infrastructures d'assainissement transforme la mer en dépotoir d'eaux usées

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Tired Earth

Par la rédaction

Le littoral de Gaza, dernier refuge pour deux millions de Palestiniens, se transforme en piège sanitaire. Selon une analyse d'images satellites, des milliers de mètres cubes d'eaux usées non traitées se déversent chaque jour dans la mer, conséquence directe de la destruction des stations d'épuration et des réseaux d'assainissement.

Photo: Pollution généralisée aux abords du port de Gaza le 24 août 2026 ( Planet Labs )


C'est une catastrophe environnementale documentée par les images. L'analyse de clichés satellites pris le 24 août 2026 révèle que les eaux usées s'étendent sur plus de 5 kilomètres et 461 mètres le long de la côte, atteignant une profondeur d'environ 490 mètres au large. La comparaison avec des images de juin et juillet 2026 montre une aggravation continue de la pollution, jusqu'à des niveaux qualifiés de catastrophiques.


Un système d'assainissement délibérément détruit

La municipalité de Gaza estime que près de 24 000 mètres cubes d'eaux usées non traitées se déversent quotidiennement dans la mer. En cause : la destruction de huit stations d'épuration et de quelque 212 000 mètres linéaires de réseaux d'assainissement, conséquence directe des frappes israéliennes. Deux stations majeures, celles du camp d'Al-Bureij et du quartier de Cheikh Ajlin, sont hors service, privant le système d'une part essentielle de sa capacité de traitement.

Selon Saïd Al-Olkouk, responsable du contrôle sanitaire à Gaza, « les eaux polluées sont rejetées en mer sans traitement, contaminant l'eau, le sable et l'air ». La municipalité avertit que cette situation favorise la prolifération d'insectes et de rongeurs, ainsi que la propagation de maladies et d'épidémies, alors que les services de base sont déjà gravement dégradés.


Le bassin de Cheikh Radwan, symbole du désastre

Privé de stations d'épuration fonctionnelles en raison des frappes et du manque de carburant, le bassin de Cheikh Radwan, autrefois destiné à recueillir les eaux de pluie, est devenu l'une des plus grandes retenues d'eaux usées du territoire. Les images satellites montrent sa transformation spectaculaire entre janvier et juillet 2026 : l'eau, d'abord bleue, a viré au brun, avec l'apparition de dépôts flottants en surface. En mai, la municipalité alertait déjà sur un risque de catastrophe environnementale et sanitaire lié à la montée des eaux.

 

Le bassin de Cheikh Radwan en janvier 2026 (gauche) et en août 2026 (droite). / Crédit : Planet Labs

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) rapportait à la même période que quatre stations de pompage sur cinq étaient hors service, entraînant le rejet d'environ 40 000 mètres cubes d'eaux usées non traitées par jour dans la mer et les zones habitées.


Le quotidien des déplacés

Cette catastrophe écologique se répercute directement sur les conditions de vie des déplacés. Ayoub Al-Chanbari, déplacé de Beit Hanoun vers la côte de Khan Younès, témoigne que le rejet continu des eaux usées, jour et nuit, prive les habitants de l'accès à la plage, seul répit face à la chaleur étouffante des tentes.

D'autres récits font état de familles contraintes de camper à proximité immédiate des exutoires d'eaux usées, faute d'alternative géographique. Les nuisances olfactives, les troubles respiratoires et même des cas de fausses couches chez des femmes enceintes ont été signalés dans ce contexte de pollution généralisée.

 

Déplacés participant à un programme d'apprentissage de la natation à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 août 2026. / Crédit : (EPA)

Le littoral et le port de Gaza demeurent, malgré leur contamination, un exutoire indispensable pour une population vivant sous tentes, en proie à une chaleur extrême. En août, l'union des municipalités de Gaza alertait sur la dégradation continue du système d'eau et d'assainissement, aggravée par le manque de carburant nécessaire au fonctionnement des générateurs, des puits et des stations de pompage.

Source : Aljazeera


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