Le bruit coûte au moins 156 milliards d’euros par an à la France, selon la dernière évaluation rendue publique le 22 juillet par l’ADEME et le Conseil National du Bruit.
L’impact de la pollution sonore évalué à 156 milliards d’euros en France

Il ressort du rapport Le coût social du bruit en France, que les nuisances sonores affectent 26 millions de Français au quotidien, et que cela se répercute sur leur santé et leur bien-être. « La pollution sonore est un enjeu de santé publique. Le problème n’est pas assez pris en compte », déplore Laurianne Rossi, présidente du Conseil National du Bruit (CNB) et députée (LREM) des Hauts-de-Seine.

Le bruit, un fléau et un coût pour la santé


Le rapport évalue donc le bruit en fonction de son coût pour la société. Les coûts non-sanitaires marchands atteignent 21,4 milliards d’euros, ils correspondent à la dépréciation immobilière, aux coûts de surveillance et de lutte contre le bruit. Les nuisances sonores coûtent chères à la société en raison de leurs impacts sanitaires. Ainsi, explique Johan Ransquin, Directeur Adaptation, Aménagement et Trajectoire bas carbone à l’ADEME, « le coût du bruit se divise en coût sanitaire marchand, c’est-à-dire ce qu’il coûte directement dans les comptes de l’Assurance Maladie et en coût sanitaire non-marchand qui regroupe la perte de bien-être et les années de vie perdues ».

Derrière les chiffres des nuisances du quotidien


Le bruit au quotidien, que ce soit au travail ou chez soi, représente une source de nuisances qui se répercute sur la santé et le bien-être. Derrière les chiffres économiques, ce sont des gênes directes dans la vie de tous les jours et des problèmes de santé. Ainsi, 3,9 millions de Français souffrent de troubles du sommeil, 1,1 millions de difficultés d’apprentissage et 730 000 de troubles anxio-dépressifs. En cause notamment, les bruits du quotidien, en premier lieu celui des transports. Selon les évaluations, celui-ci compte pour 68,4 % du coût social du bruit, soit 106,4 milliards d’euros par an. Le trafic routier reste la première cause de nuisance, suivie par le passage des avions et celui des trains. Le chiffrage de l’impact des bruits de voisinage reste encore mal connu en raison du manque de données. Le problème est connu et reconnu mais reste difficilement quantifiable. Seule une évaluation partielle est proposée. Elle en chiffre le coût à 26,3 milliards d’euros par an. Pour l’ADEME et le CNB « il se décompose en bruit émis par les particuliers (11,4%), bruit des chantiers (3,4%) et bruit généré dans l’environnement par les activités professionnelles (2,1%). »

La perte de productivité engendrée par le bruit équivaut à 270 000 années de travail par an, elle est estimée à 16 milliards d’euros par an pour la seule France. Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif souligne l’importance de ce type de travaux : « ils doivent permettre un changement de paradigmes en mettant en lumière les externalités négatives de la pollution sonore et l’intérêt d’améliorer l’environnement sonore ».

Des moyens de lutte contre le bruit à renforcer


Tous s’accordent à dire que réduire le bruit à la source reste la méthode à privilégier. L’ADEME préconise ainsi 4 mesures : réduire de 10 km/h la vitesse autorisée sur les voies rapides en ville, généraliser les zones à faibles émissions (ZFE), améliorer la qualité acoustique des bâtiments et mettre en place une chartre « chantiers propres ». La plupart de ces mesures ont aussi un impact environnemental positif, notamment sur la qualité de l’air et la réduction des gaz à effet de serre. « Il existe des moyens peu complexes et peu coûteux pour agir. La mise en œuvre de ces décisions est sociétale et politique », résume Johan Ransquin de l’ADEME.

Néanmoins, il reste difficile aux citoyens de faire reconnaitre leurs droits à vivre dans un environnement sonore sain. René Gamba, consultant acoustique et développement durable, membre du Conseil national du bruit le déplore : « les victimes du bruit ont des droits théoriques, mais très difficiles à faire valoir dans les faits. On peut regretter le désengagement des services de l’État sur le sujet ». Ce à quoi Dominique Rossi répond que « des avancées ont eu lieu avec la prise en compte dans la loi de la notion de pollution sonore ». Elle souligne le rôle important de ce type de travaux d’évaluation des coûts sociaux dans la prise de conscience et ajoute que, sur le sujet du bruit, « il faut une prise de conscience des élus nationaux et locaux. Le chemin reste long. Il faut renforcer le droit afin de mieux sanctionner ».

Source: goodplanet.info

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