Le président français a annoncé vendredi sa décision de suspendre la signature de l’accord commercial avec plusieurs pays d’Amérique du Sud.
Amazonie : que pensent les pays européens de la décision de Macron de suspendre le Mercosur?

Qui veut encore en Europe de l'accord commercial avec le Mercosur? Nos voisins sont partagés après l'annonce par Emmanuel Macron vendredi de suspendre la signature de ce traité impliquant l'Union européenne et plusieurs pays d'Amérique du Sud.

Le président français a reproché à son homologue brésilien d'avoir « menti » sur ses engagements en faveur de l'environnement. Il a aussi dénoncé son « inaction face au changement climatique, y compris sur les incendies », alors que d'importantes surfaces de la forêt amazonienne sont en train de brûler.

« Dans ces conditions », la France ne soutient plus cet accord commercial avec le Mercosur, ce qui permet aussi à Emmanuel Macron de s'attirer les bonnes grâces des écologistes et des agriculteurs. Une fois n'est pas coutume, les deux catégories sont remontées contre ce traité. Les premiers s'inquiètent des effets sur le climat, tandis que les seconds craignent les conséquences sur leur production de viande.

Le traité, conclu le 28 juin dernier, devra pourtant être désormais ratifié par tous les pays européens, puis adopté par le Parlement européen. Dès le 2 juillet, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye indiquait que la France n'était « pour l'instant pas prête à le ratifier ». On fait le point sur les positions de nos voisins.

Ceux qui suivent Macron

L'Irlande est sur la même ligne que la France. Le pays s'opposera à voter pour l'accord « si le Brésil ne respecte pas ses engagements environnementaux », a prévenu vendredi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

S'ils n'ont pas officiellement réagi ces derniers jours, certains pays n'ont jamais caché leur opposition au traité avec le Mercosur. C'est le cas, par exemple, de la Pologne et de la Belgique. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, lui-même polonais mais sans mandat dans son pays, a jugé samedi en ouverture du G7 à Biarritz « difficile d'imaginer un processus de ratification harmonieux […] tant que le gouvernement brésilien permettra la destruction du poumon vert de la Terre ».

Ceux qui veulent toujours signer l'accord

Samedi soir, le gouvernement espagnol a indiqué « ne pas partager la position [française] de blocage de l'accord ». « L'objectif de lutte contre le changement climatique est prioritaire, mais nous considérons que c'est justement en appliquant les clauses environnementales de l'accord qu'on peut le plus avancer », ont justifié les autorités ibériques dans une déclaration transmise à l'AFP.

Vendredi, deux autres États majeurs de l'UE ont exprimé leur désaccord avec Emmanuel Macron, davantage pour des questions de méthode. Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-

Uni qui devrait finir par quitter l'Union cet automne une fois le Brexit entré en vigueur, a dénoncé une « ingérence ». S'opposer à cet accord « n'est pas la réponse appropriée », a jugé de son côté un porte-parole du gouvernement allemand.

Jeudi, soit la veille de l'annonce d'Emmanuel Macron, sept pays (dont l'Allemagne et l'Espagne, mais aussi les Pays-Bas, la République tchèque, le Portugal, la Lettonie et la Suède) avaient envoyé un courrier commun à la Commission européenne pour l'exhorter à conclure cet « accord historique ».

Source: leparisien.fr

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