Pourquoi la reprise de la chasse à la baleine par le Japon pourrait en fait être "une bonne nouvelle"
Pourquoi la reprise de la chasse à la baleine par le Japon pourrait en fait être "une bonne nouvelle"

Et si la reprise de la chasse à la baleine au Japon était en réalité "une bonne nouvelle" ? L'archipel nippon a annoncé, mercredi 26 décembre, son retrait de la Commission baleinière internationale (CBI), dans le but de reprendre la chasse commerciale. Le pays menaçait de le faire depuis des années. Mais paradoxalement, cette décision pourrait apaiser les tensions sur le sujet. 

Le Japon, qui considère la chasse à la baleine comme un héritage culturel, ne l'a en effet jamais vraiment abandonnée. L'archipel utilise en réalité une faille du moratoire mis en place en 1986, qui autorise la pratique pour des recherches scientifiques. L'Australie et la Nouvelle-Zélande s'indignent ainsi des expéditions annuelles japonaises dans l'Antarctique, dont les eux constituent pour ces pays – et pour les défenseurs des animaux – un sanctuaire pour cétacés 

Pour Patrick Ramage, chargé de la conservation du milieu marin au sein du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), l'annonce nippone de mercredi est une "solution élégamment japonaise" à cette hypocrisie. 

Cela offre une porte de sortie acceptable à la chasse à la baleine en haute mer. Il est difficile d'y voir autre chose qu'une bonne nouvelle pour les baleines et la commission établie pour les suivre et les protéger.

- Patrick Ramage, chargé de la conservation du milieu marin au sein du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW)

Tokyo a en effet assuré cette semaine qu'il s'abstiendrait d'aller chasser "dans les eaux de l'Antarctique ou dans l'hémisphère Sud", limitant sa pêche "aux eaux territoriales et à la zone économique exclusive", en accord avec les quotas de la CBI, "afin de ne pas épuiser les ressources".

L'ONG Sea Sheperd salue également l'annonce

D'après Patrick Ramage, la Commission – au sein de laquelle le Japon n'aura plus qu'un statut d'observateur – pourra ainsi "aller au-delà d'un débat disproportionné et déformé sur la chasse à la baleine". 

La CBI pourra, selon lui, mieux se concentrer sur d'autres menaces, comme le changement climatique, la pollution plastique des océans ou les collisions avec les bateaux.

L'ONG Sea Shepherd, habituée à traquer les baleiniers, a elle aussi crié victoire après l'annonce japonaise. Celle-ci est "ravie de voir la chasse prendre fin dans le sanctuaire baleinier antarctique".

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