Franco-marocaine, conseillère municipale, coach et formatrice, Bouchra Sirsalane a toujours voulu faire de «la politique autrement».
Bouchra Sirsalane mène campagne sur les masques comme protection mais aussi pollution

Cette maman de deux garçons est à la tête d’une campagne, qui vise cette fois-ci à alerter sur les dangers de la pollution issue des masques de protection contre le coronavirus.

yabiladi.com. Elle n’en est pas à sa première initiative puisqu’elle était engagée, il y a quelques mois déjà, dans le cadre de la campagne en France, intitulée #Zerotract pour «bannir les traditionnels tracts de campagne (électorale) qui finiront directement à la poubelle». Aujourd’hui, Bouchra Sirsalane, Franco-marocaine née à Montereau-Fault-Yonne, dans le département de Seine-et-Marne (Île-de-France) de parents marocains originaire de Doukkala, est mobilisée contre la pollution par les masques de protection contre le coronavirus.

Conseillère municipale à Puteaux depuis 2014, elle a travaillé dans le social pendant plus de 10 ans. Ayant grandi entre Paris et Montereau, elle interrompt ses études après son baccalauréat scientifique, puis après une année de faculté en mathématiques, avant qu’elle ne se tourne vers le social. Une carrière qu’elle met en pause, le temps d’élever ses deux garçons. Déterminée, elle reprend par la suite ses études en sciences de l’éducation avant de décrocher un diplôme d’études supérieures universitaires (DESU) en pratiques de coaching. Aujourd’hui, elle est formatrice, coach et à la tête de sa propre entreprise.

Engagée aussi dans la politique, avec le mouvement démocrate depuis 2013, Bouchra Sirsalane s’est intéressée aux problématiques d’inégalité sociale, d’éducation et de mal-logement, surtout chez les personnes issues de l’immigration.  

«Il est vrai que ces problématiques me questionnaient beaucoup. Ayant travaillé dans le domaine de l'action sociale et des sciences de l’éducation, je voulais vraiment proposer des innovations en pédagogie et peu à peu, je me suis intéressée à l’écologie et au bien-être.»

Bouchra Sirsalane

Des tonnes de déchets suite à l’utilisation des masques de protection

Pour la Franco-marocaine et administratrice du centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville de Puteaux, ce bien-être «amène à toutes ces questions écologiques, sociales, de vivre-ensemble et d'interculturalité». Elle estime, d’ailleurs, que «le dialogue interculturel en France est très peu développé, ce qui crée des tensions». «A mon sens, les crises identitaires viennent aussi de ce manque de dialogue interculturel», ajoute l’élue.

Bouchra_Sirsalane
Bouchra Sirsalane. / Ph. Le Parisien

C’est dans ce cadre qu’elle s’intéresse plus particulièrement à la pollution plastique. «L’année dernière, avec la pandémie et la décision de rendre obligatoire le port de masque, ma mère était au Maroc et se plaignait d’une réaction allergique due au port de masque. Je me suis alors posée la question de leur composition et j’ai commencé à chercher», nous confie la Franco-marocaine. C’est ainsi qu’elle découvre que certains masques sont «composés de pastique et de dérivés de pétrole». «S’ils se trouvent dans la nature, il faut 400 ans pour de dégrader. C’est une pollution plastique supplémentaire», dénonce-t-elle.

«On s’est penché sur le nombre de masques utilisés par jour et combien de déchets cela génère pour découvrir ce chiffre : 400 tonnes de déchets par jour qui ont besoin de 400 ans pour se décomposer, sachant qu’en 2020, des masques ont été trouvés dans les océans.»

Bouchra Sirsalane

Sensibiliser en France et éventuellement au Maroc

La coach et formatrice rappelle ainsi que «la France a commandé 2 milliards de masques, sans réfléchir de ce qu’on va faire de ces produits». «Cela va devenir une pollution importante au vu de notre consommation face à la pandémie», regrette-t-elle.

Également responsable Mobilisation et action au sein de l’association Démocrates pour la planète, une ONG réunissant des élus dudit parti, elle décide donc de mener plusieurs actions, en collaboration avec l’ONG Tired Earth. «La première était de sensibiliser le grand public sur cette pollution et nous commençons à avoir beaucoup de retour ; les citoyens prennent conscience du problème». Toutefois, elle estime que «cela ne suffit pas» et qu’il faut faire davantage.

Bouchra_Sirsalane

Ainsi, à partir du 1er mars, les deux ONG sensibiliseront sur la collecte de ces déchets spéciaux. «Nous demanderons aux élus de mettre en place des points de collecte, alors que l’étape suivante sera le recyclage et d’encourager l’installation de bornes de collecte dans les villes, les espaces publics et les écoles», nous confie-t-elle.

Bouchra Sirsalane déclare également qu’elle espère que cette campagne de sensibilisation touchera aussi le Maroc, son pays d’origine. «Nous voyons ici que le pays a bien géré la crise sanitaire et il serait intéressant qu'un pays commence à se démarquer dans la région et puisse lancer une campagne de sensibilisation autour des masques», explique-t-elle.

«Le Maroc a beaucoup à y gagner en termes d'image car les médias internationaux se font déjà l'écho du fait qu'il est le premier pays en Afrique en termes de vaccination. Cela peut aussi créer de l’emploi, des jeunes qui ont du potentiel rêvent de créer des startups dans le domaine du recyclage.»

Bouchra Sirsalane

Rappelant que la Fondation Mohammed VI pour l’environnement avait déjà lancé une campagne d’information sur le plastique «Plages Propres #b7arblaplastic», la Franco-marocaine insiste sur la nécessité d’«encourager les filières de tri» au Maroc, ouvrant la voie au recyclage de ces produits nuisibles pour l’environnement. L'appel est lancé !

 

Sourcehttps://www.yabiladi.com

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